Alexandre Cabanel (1823-1889), La Naissance de Vénus, 1863, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris.
William Bouguereau (1825-1905), La Naissance de Vénus, 1879, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris.
Thomas Couture, Les Romains de la Décadence.
Le Romantisme
Le néoclassicisme laissera progressivement sa place au début du XIX° siècle à un art plus tourmenté et moins officiel. La littérature fait la part belle à des écrits empreints de sentiments exacerbés, exprimant les tourments du cœur et de l’âme. Le romantisme est un mouvement artistique global, qui touchera aussi bien la peinture que la littérature, la musique et la sculpture. Le romantisme exprime le mystère, le fantastique, le rêve et situe souvent ses actions dans un passé lointain et mythologique qui permet de les dramatiser.
Théodore Géricault (1791-1824) et Eugène Delacroix (1798-1863) sont les représentants français de cette peinture. Caspar David Friedrich (1774-1840) est le chef de file de la peinture romantique allemande et Richard Parkes Bonnington (1802-1828) en sera le représentant britannique, spécialisé dans les paysages et les marines. Francisco de Goya sera le peintre espagnol le plus proche de ce mouvement.

Caspar David Friedrich, Le voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, huile sur toile.
Caspar David Friedrich, Abbaye dans la forêt de chênes, 1808 - 1810, huile sur toile.
Francisco de Goya, Saturne dévorant ses enfants, 1819, huile sur toile.
Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse, 1819, huile sur toile.
Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, 1830, huile sur toile.
L’invention de la photographie
Reproduire la réalité a été l’un des rêves des artistes de tous les temps. La technique de la perspective fut une avancée considérable dans cette quête d’une représentation fidèle de l’espace mais l’invention d’un procédé mécanique, et non plus manuel comme le dessin ou la peinture, viendra bouleverser les pratiques artistiques. On considère que notre voisin bourguignon Nicéphore Niépce (1765-1833) est l’inventeur de la photographie (le musée de la photographie de Chalon sur Saône porte d'ailleurs son nom !). En fait il a réuni plusieurs inventions existantes – la découverte des propriétés du chlorure d’argent, la chambre noire, l’objectif et les propriétés fixatives de l’hyposulfite de sodium, l’albumine (blanc d’œuf) comme liant des grains d’argent – en un seul procédé qui lui permettra de réaliser les premières photographies vers 1825. Le monde n'a vraiment découvert cette nouvelle technique qu'après l'annonce officielle de cette invention par le physicien François Arago de l'Académie des Sciences en 1839.

Nicéphore Niépce, vue extérieure, photographie vers 1825
Plus tard, Daguerre et Talbot amélioreront la technique et réaliseront des photographies de personnes immobiles, puis en mouvement. La chronophotographie de Marey et Muybridge permettra de décomposer le mouvement des êtres vivants jusqu’à l’invention du cinématographe en 1895 par les frères Auguste et Louis Lumière.

Jean-François Millet, L'angélus, 1859, huile sur toile.
1863, naissance de l’art moderne
En 1863, Napoléon III décide créer un « Salon des refusés » pour tous les artistes qui se voient refuser l’accès au salon annuel officiel par le jury de l’Académie.
Edouard Manet, Le déjeuner sur l'herbe, 1862, huile sur toile.
Edouard Manet, Olympia, 1863, huile sur toile.
Gustave Courbet, Bonjour Monsieur Courbet, 1855, huile sur toile.
Gustave Courbet, L’enterrement à Ornans, 1849 - 1850, huile sur toile.
Ces œuvres furent très mal reçues par le public et les critiques d’art parce que les contemporains de Manet et Courbet ne pouvaient pas accepter que des personnages de la vie de tous les jours (la jeune fille nue et les étudiants en béret du Déjeuner sur l’herbe par exemple) soient représentés avec la même importance que les personnages mythologiques ou les puissants princes des toiles classiques.
L’impressionnisme
Quelques artistes comme Edouard Manet, Claude Monet, Edouard Degas, Alfred Sisley ou Camille Pissaro, habitués du « Salon des refusés », créeront le mouvement impressionniste en réaction à l’art officiel, bientôt rejoints par Frédéric Bazille ou William Turner.
Claude Monet, Impression soleil levant, 1873, huile sur toile.
C’est en 1874 que le critique d’art Louis Leroy, voulant se moquer de ce tableau de Claude Monet représentant le port du Havre, intitulera son article « l’exposition des impressionnistes ». ceux-ci conserveront le terme, considérant qu’il exprime assez bien leur volonté de traduire sur la toile des « impressions visuelles et colorées » réalisées directement en extérieur, face au modèle, et non dans l’atelier à partir de croquis comme c’était l’habitude alors.
Claude Monet, La promenade ou la femme à l'ombrelle, 1875, huile sur toile.
William Turner, Pluie, vapeur, vitesse, 1844, huile sur toile.
Plusieurs artistes ou mouvements de la fin du XIX° ou du début du XX° siècle seront considérés comme les héritiers de l’impressionnisme. C’est le cas du pointillisme de Georges Seurat, inspiré par les recherches scientifiques sur la couleur d’Eugène Chevreul. Camille Corot et l’école de Barbizon garderont de l’impressionnisme la peinture de paysages en extérieur, sur le motif.
Vincent Van Gogh ou Paul Gauguin, s’ils se sont inspirés à leurs début des peintres impressionnistes, introduiront progressivement des éléments personnels, expressionnistes ou symboliques qui les rendront singuliers.
Vincent Van Gogh, 2 Autoportraits, vers 1890, huile sur toile
Paul Gauguin, Femmes de Tahiti, 1891, huile sur toile
L’architecture métallique
Le mobilier urbain richement orné (réverbères, fontaines, balcons…) qui apparaît dans les villes et quelques constructions architecturales (halles, gares, fabriques aux ossatures métalliques masquées par des fausses façades en pierre) doivent leur existence au développement des fonderies. Le travail du fer et du métal permettra la réalisation des chemins de fer, du Pont des Arts (1804) et de la Tour Eiffel (1889) à Paris.
Sans oublier le fameux Crystal Palace de l'architecte Joseph Paxton ayant accueilli la première exposition universelle de Londres en 1851. Cet édifice révolutionna l'architecture !
Gustave Eiffel, La tour Eiffel, 1889, construction métallique.

Auguste Rodin, Le baiser, 1898, bronze.